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Village chanceux

Voici une légende d’horreur : « Ne regarde pas le sifflement ».

Je m’appelle Guy et je vis dans un village appelé « Lucky village » (village chanceux). On raconte que chaque personne qui emménage dans ce minuscule village aura une énorme chance. Pour avoir cette chance, il n’y a qu’une seule règle : ne pas regarder le sifflement.

Le sifflement en question passe vers 3h10, à toutes les nuits. Personne ne sait ce qui se passe si on le regarde.  Tout ce que l’on sait, c’est qu’alors, ta chance disparait.

Le monde qui y emménage s’habitue rapidement.  De toute façon, ça n’est pas dur de ne pas regarder dehors à une heure précise. Les parents ont installé des volets pour que les enfants ne regardent pas dehors.  Ils les ferment à clés le soir et tout va bien.

J’y vivais avec mes parents et ma petite sœur. Comme notre village est petit, à peu près une vingtaine de maisons, chacun de nos voisins sont de bonnes connaissances à nous. Nos plus proches voisins ont eux-mêmes un petit garçon de l’âge environ de ma sœur. Ils habitent proches au point que je garde leur enfant presqu’à tous les jours. Un soir, mes parents sont partis avec nos amis voisins quelque part je ne sais plus où, ce qui m’amena à garder mon petit voisin et ma sœur. Comme je suis habituée, je n’avais aucune crainte, c’était un soir comme les autres. Arrivée chez les voisins, je mis la télé comme à mon habitude et je commençai à préparer le souper pour les enfants.

Je n’eus aucun problème jusqu’au moment du coucher.  Ils vont se laver les dents, ils se mettent en pyjama et je ferme les volets à clé (que je prends bien soin de mettre sur le comptoir). Tout va bien, les enfants sont au lit. Je pars regarder la télé pour ensuite aller au lit à environs 23h. Au milieu de la nuit, je me fais réveiller par de très petits bruits de pas (il faut dire que j’ai le sommeil léger et que je me réveille au moindre bruit). Alors je sors de la chambre, je descends les escaliers pour voir si les enfants y sont.  Je suis habituée à ce qu’ils descendent en cachette, regarder la télé ou prendre à manger. Ce soir-là, rien.  Je me dis que j’ai dû rêver, alors je commence à retourner vers les escaliers lorsque tout à coup… Du coin de l’œil, j’aperçois le comptoir sur lequel j’avais déposé la clé : la clé n’y est plus!

J’étais complètement figé, comme dans un état second, en train de fixer le comptoir, quand soudain, j’entendis le sifflement. « Noooooooon!! » Je cours en haut pour empêcher les enfants de le regarder.  Arrivée dans le chambre, je vois les enfants en train de chercher par la fenêtre  à voir le sifflement. J’attrape ma sœur, je me baisse avec les yeux fermés en essayant tant bien que mal d’attraper l’autre petit. Mais il est trop tard…

Le sifflement s’était arrêté.  Je plaquai ma sœur contre le sol en lui bouchant les oreilles.  C’est alors que j’entendis le plus effroyable de tous les cris : mon petit voisin hurlait comme s’il était possédé d’une force maléfique.  J’entendais aussi plein d’autres bruits traumatisants et indescriptibles.  J’aurais voulu faire quelque chose et le sauver, mais je tremblais de tout mon corps.   Le cri a fini par s’arrêter, de même que le sifflement. J’ai attendu quelques minutes avant de relever la tête. Mon petit voisin était méconnaissable.  Il avait des rides, ses cheveux étaient blancs, il avait le teint livide, les pupilles dilatées et définitivement muet.

Il n’a plus jamais reparlé.  Quelque temps après, nous avons déménagé et je n’ai plus jamais entendu parler de cette famille.

13 commentaires sur “Village chanceux”

  1. sucettenflammée

    Wow! Juste wow! c’est une excellente histoire. Vers la fin, j’étais vraiment dedans. Je me demande c’est quoi ce sifflement? C’est drôle car il y a une émission avec justement: ne pas regarder le sifflement. Petite question: y aura-t-il une suite?

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