Rèstoville (suite et fin)

Pourquoi le levier ne marchait-il pas? Qui avait commis cette erreur?  Pourquoi ce genre de choses n’arrivent-elles qu’à moi?   C’est alors que je me souvins qu’il y avait une cabine où un ordinateur programmait la rotation du restaurant. « Si j’entre dedans, je pourrai arrêter tout ça! »

J’avançai d’un pas, puis de deux, puis de trois, pour enfin arriver à la cabine d’urgence.  J’ouvris la porte avec précaution puis je vis à l’intérieur toutes sortes de boutons rouges, jaunes et verts. Tout ça m’avait l’air bien compliqué, mais je me dis : « Pas besoin d’être un ingénieur en aéronautique pour arrêter la machine. » Je tapotai quelques boutons quand tout à coup le restaurant se mit à tourner de plus en plus vite, sans jamais vouloir s’arrêter.

Je ne voulais pas finir ma vie comme ça, dans le restaurant le plus luxueux de la ville, avec la réputation d’avoir tué des dizaines de personnes. Je commençais à craindre que le restaurant ne s’envole comme une hélice d’hélicoptère et je me demandais comment les gens réagiraient en voyant un restaurant s’envoler comme ça, d’un seul coup. Au moment où je sortis de la cabine, je me retrouvai directement collé à la fenêtre. Cela offrait un beau panorama sur tout Rèstoville. La position n’était par contre pas très confortable, mais je supportais quand-même ce mal de cœur que presque tous les clients du restaurant ressentaient.

C’est alors que d’un mouvement brusque, le restaurant s’arrêta d’un coup sec. Tous les serveurs, les clients et moi étions sens dessus dessous.  C’était l’apocalypse, mais en même temps, c’était la joie, le bonheur et tout ce qui pouvait être bien et mal en même temps. Quand les clients eurent le temps de se replacer, ils s’acharnèrent sur moi en me posant plein de questions.  Certains descendirent du restaurant et d’autres ne bougeaient tout simplement plus, car ils étaient pétrifiés par tous les évènements qui venaient de se passer.

J’essayai de m’expliquer, je leur racontai toute l’histoire, et pourquoi cela s’était passé. Je les invitai à descendre du restaurant puis à rentrer chez eux comme si rien ne s’était passé. Quelques minutes après, je me retrouvai encerclé de policiers. Après quelques explications, je parvins à m’en sortis sans amende ni accusation. Je voulais rentrer chez moi, car il était 20h00, mais je me dis qu’aller m’acheter une poutine ne me ferait pas de mal.  En effet, même si je savais ma carrière finie et sans doute la faillite tout proche, elle me remonta le moral.

Le lendemain matin, alors que je prenais mon déjeuner et que je lisais le journal, je vis à la une: « Un restaurant tournant tourne encore plus vite que jamais. »  Au même moment, le téléphone sonna.  C’était mon manager principal.  « Patron! Patron!  C’est la folie!  Nous avons reçu des milliers de téléphones de réservations.  Tout le monde veut venir souper en espérant faire le tour de manège le plus incroyable de leur existence! »  C’est ainsi que j’évitai la banqueroute et que je lançai mon nouveau projet : un parc d’attraction sur le thème de la gastronomie!

                                                                      Fin

8 commentaires sur “Rèstoville (suite et fin)”

  1. C’est un super bon texte et ta fin est surprenante. Continue tes textes dans l’action car tu réussis bien à relater les faits sans que l’on ne se perde dans ton histoire !

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